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PAC et clim 8 min 12 août 2026

Vincent Ferrand Rédacteur technique

Pompe à chaleur ou géothermie : c'est l'air contre le sol qu'on compare

Une géothermie est une pompe à chaleur qui puise dans le sol. Reste à trancher entre l'air et le sol : prix du chantier, rendement en février, terrain, bruit, déclaration.

En bref

La géothermie est une pompe à chaleur : elle prend sa chaleur dans le sol plutôt que dans l'air. La vraie comparaison oppose donc l'aérothermie à la géothermie. L'aérothermie coûte deux à trois fois moins cher à poser et s'installe presque partout. La géothermie garde son rendement en janvier et ne fait aucun bruit dehors, mais elle réclame un forage déclaré ou un jardin qu'on retourne.

Les deux mots ne s’opposent pas

Poser la question « pompe à chaleur ou géothermie » revient à demander si on préfère un chien ou un labrador. Une installation géothermique est une pompe à chaleur. Même compresseur, même fluide qui s’évapore d’un côté et se condense de l’autre, même principe : prendre de la chaleur quelque part, la rendre ailleurs. Ce qui change tient dans le « quelque part ».

L’aérothermie prend cette chaleur dans l’air extérieur. La géothermie la prend dans le sol, par des tuyaux enterrés à un mètre, par une sonde descendue à cent, ou dans l’eau d’une nappe. Rien d’autre ne distingue les deux familles.

Le vocabulaire commercial a fait le reste. Une machine air-eau se vend sous le nom de pompe à chaleur, une sol-eau sous le nom de géothermie, et l’acheteur finit par croire qu’il choisit entre deux technologies. Il choisit entre deux chantiers.

air extérieur capteurs à 1 m sonde à 100 m nappe
Les trois captages de droite s'appellent tous « géothermie ». Le premier, à gauche, s'appelle « pompe à chaleur » dans les brochures.

Ce que coûte le trou

Le matériel ne creuse pas l’écart. Une sol-eau vaut à peine plus qu’une air-eau à puissance égale, quelques milliers d’euros. Tout le reste du surcoût part dans ce qu’on fait au terrain avant de brancher la machine.

PosteAérothermie (air-eau)Géothermie (sol-eau ou eau-eau)
Machine posée, sans captage9 000 à 15 000 €11 000 à 18 000 €
Captage horizontalsans objet4 000 à 9 000 €
Forage verticalsans objet70 à 120 € le mètre
Étude de solsans objet1 000 à 2 000 €
Total constaté, pose comprise9 000 à 18 000 €15 000 à 30 000 €
MaPrimeRénov’ maximale, 20265 000 €11 000 €
Entretien annuel150 à 250 €100 à 300 €

L’arrêté du 25 juin 2015 donne la règle qui permet d’estimer le forage sans devis : on compte 50 watts par mètre de sonde. Une maison qui réclame 8 kW à sa pompe à chaleur en tire environ 6 au sous-sol, le compresseur fournissant le reste.

120 mètres de sonde pour une maison de 8 kW, soit 8 400 à 14 400 € de forage avant même d'ouvrir le carton de la pompe à chaleur.

D’où l’intérêt de connaître sa puissance avant de demander quoi que ce soit : sur un devis de géothermie, chaque kilowatt de trop se paie deux fois, en machine et en mètres forés.

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L’aide rattrape une partie de l’écart, pas sa totalité. Un ménage très modeste touche 11 000 € pour une géothermie contre 5 000 € pour une air-eau ; six mille euros de compensation là où le chantier en coûte dix à quinze de plus. Le détail des barèmes est sur la page du prix d’une pompe à chaleur.

En février, l’air se dérobe

C’est le seul terrain où la géothermie l’emporte sans discussion possible. Une air-eau affiche son coefficient de performance à +7 °C dehors, température à laquelle elle rend volontiers quatre kilowattheures pour un consommé. Le jour où il fait -7, l’écart à combler entre l’air glacé et l’eau du circuit double presque : le rendement tombe vers 2, parfois plus bas, et les résistances d’appoint prennent le relais aux heures les plus chères de l’année.

Le sol, lui, ne bouge pas. Sous un mètre de terre, il tient entre 10 et 12 °C en février comme en août. Une sonde verticale ne sent même pas les saisons.

Sur une année entière, la mesure donne des SCOP de 2,8 à 4,2 pour l’air-eau, l’ADEME retenant 2,9 en moyenne sur le parc installé. Une sol-eau tourne entre 4 et 5,5. À besoin de chauffage identique, l’écart de facture est de 200 à 400 € par an pour une maison ordinaire, et il se creuse à mesure que l’hiver durcit. D’où des partisans solides dans le Massif central, et presque aucun sur la côte basque.

Le terrain qu’il faut, et celui qu’on perd

Un capteur horizontal réclame une surface de jardin égale à une fois et demie à deux fois la surface chauffée. Pour 120 m² habitables, comptez 180 à 240 m² de pelouse ouverte à la pelle mécanique, sur 60 centimètres à 1,20 mètre de profondeur.

La sonde verticale renverse la contrainte. Elle n’occupe que quelques mètres carrés une fois rebouchée, le gazon repousse et personne ne devine qu’il y a cent mètres de tuyau dessous. En échange, il faut faire entrer une foreuse sur chenilles ou sur camion, ce qui suppose un portail large, un sol portant et un voisin patient pendant deux à trois jours.

Quant à la solution sur nappe, elle donne les meilleurs rendements de toutes et ne concerne qu’une minorité de terrains : il faut une nappe accessible, assez productive, et une qualité d’eau qui n’entartre pas l’échangeur en trois ans.

Le bruit, que les comparatifs oublient

Une air-eau, c’est un ventilateur dans le jardin. Comptez 45 à 60 dB(A) à un mètre selon les modèles, avec des pointes au dégivrage, en pleine nuit, quand tout le reste s’est tu.

La réglementation ne fixe pas de niveau maximal : elle raisonne en émergence, c’est-à-dire en écart entre le bruit ambiant avec la machine et sans elle. Les articles R. 1336-4 et suivants du code de la santé publique tolèrent 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit, mesurés en limite de propriété. Une machine discrète installée le long d’une départementale passe sans difficulté. La même dans un hameau silencieux se retrouve devant le maire, puis parfois devant le juge, et le plaignant obtient souvent gain de cause.

Aérothermie

Une unité extérieure, forcément visible et audible. Son emplacement se décide avant la signature, pas le jour de la pose : sous une fenêtre de chambre ou à deux mètres de la clôture du voisin, on prépare un conflit.

Géothermie

Rien dehors. Le compresseur vit dans le garage ou la buanderie, au niveau sonore d'un vieux réfrigérateur. C'est l'argument que les brochures placent en dernier, alors qu'il décide plus de projets que le COP.

Le papier avant la pelle

Le sous-sol relève du code minier, y compris sous votre pelouse. Depuis 2015, un régime allégé dit « de minime importance » couvre les installations domestiques, à condition de rester sous 200 mètres de profondeur et sous 500 kW échangés avec le sous-sol. Aucune maison individuelle n’approche ces seuils.

  1. Regardez la couleur de votre parcelle La carte réglementaire découpe le territoire en trois zones. En vert, la télédéclaration suffit. En orange, un expert agréé doit valider le projet avant les travaux. En rouge, le régime simplifié ne s'applique plus et le dossier devient lourd.
  2. Faites télédéclarer avant le premier coup de foreuse La déclaration passe par le téléservice de l'État. Elle vise aussi les capteurs horizontaux, que beaucoup croient dispensés parce qu'ils restent à un mètre.
  3. Vérifiez la qualification de l'entreprise de forage Le régime impose une qualification spécifique au foreur, distincte du RGE de l'installateur de la pompe à chaleur. Ce sont souvent deux entreprises différentes, et deux devis.
  4. Gardez le récépissé Il vous sera demandé à la revente, et il conditionne le versement des aides.

La carte des zones et le téléservice sont sur le site de la géothermie de minime importance, et l’ADEME publie un guide pratique sur la géothermie en maison individuelle qui détaille le déroulé d’un chantier.

Ce qu’on lit ailleurs et qui ne tient pas

« La géothermie exige un grand terrain. » Vrai pour le capteur horizontal, faux pour la sonde. Un forage vertical se fait dans une cour de quatre mètres carrés. Ce qu’il faut, c’est un accès pour la machine, ce qui n’est pas la même contrainte du tout.

« L’aérothermie ne fonctionne plus en dessous de zéro. » Elle fonctionne. Les modèles vendus aujourd’hui produisent encore de l’eau chaude à -15 °C. Simplement, ils la produisent mal, et la facture de février le montre. Confondre « ne marche pas » et « coûte cher » fait vendre de la géothermie à des gens qui n’en avaient pas besoin.

« La géothermie s’amortit en dix ans. » Ces calculs comparent presque toujours à une chaudière au fioul, jamais à une air-eau. Face à une air-eau, l’écart d’investissement tourne autour de 8 000 à 15 000 € et l’écart de facture autour de 300 € par an. Faites la division vous-même : on sort de la durée de vie du compresseur avant d’avoir rattrapé quoi que ce soit.

Laquelle gagne, et pour qui

La géothermie l’emporte quand trois conditions se rejoignent : un logement énergivore ou situé en zone froide, une maison qu’on ne quittera pas, et un terrain qui accepte le chantier. Il en manque une quatrième, moins avouable et souvent décisive : trouver un foreur compétent à moins d’une heure de chez soi. Elle pèse moins de 2 % des pompes à chaleur installées en France, et dans plusieurs départements l’entreprise qualifiée la plus proche est loin. Ce seul point élimine plus de projets que le prix.

L’aérothermie l’emporte partout ailleurs, ce qui fait la grande majorité des maisons françaises. Sur une construction récente, bien isolée, l’écart de rendement se réduit au point de ne plus justifier le surcoût. En ville, la question ne se pose même pas.

Une géothermie, c'est d'abord un chantier de terrassement. La pompe à chaleur arrive après, et elle ressemble beaucoup à l'autre.

Choisissez-la pour votre sol et pour votre climat. Si vous l'envisagez d'abord pour la performance annoncée, une air-eau au bon calibre, posée là où il faut, vous coûtera moins cher pour un résultat proche.

Prix relevés en août 2026. Ils bougent — vérifiez la date avant de vous en servir pour négocier.

Questions fréquentes

Peut-on faire de la géothermie sans jardin ?

Oui, avec une sonde verticale : elle occupe quelques mètres carrés en surface. L'obstacle est ailleurs, dans l'accès du chantier. Une foreuse arrive sur camion et demande un passage d'environ trois mètres de large jusqu'au point de forage.

Une pompe à chaleur géothermique peut-elle rafraîchir l'été ?

Une sol-eau bien conçue fait circuler l'eau du capteur dans le plancher chauffant sans démarrer le compresseur. On appelle ça le rafraîchissement passif, ou géocooling. Il coûte le prix d'un circulateur et fait gagner deux à trois degrés, pas plus. Une clim, ce n'est pas.

Faut-il changer les radiateurs ?

La question se pose pour les deux, et de la même façon. Une pompe à chaleur veut une eau tiède, autour de 35 à 45 °C. Des radiateurs en fonte largement dimensionnés suivent souvent ; des petits panneaux d'acier calculés pour 70 °C, presque jamais.

Combien de temps tient un capteur enterré ?

Les sondes et les capteurs en polyéthylène sont donnés pour quarante à cinquante ans. Le compresseur, lui, vit quinze à vingt ans comme n'importe quelle pompe à chaleur. Le gros œuvre du chantier ne se refait donc qu'une fois.

Qui remplit la déclaration de forage ?

Le foreur ou le bureau d'études le fait presque toujours à votre place, et c'est l'usage. La responsabilité reste au propriétaire du terrain : demandez le récépissé de télédéclaration avant que la première benne arrive.